« Tout le monde est fragile face aux fake news »

De gauche à droite : Louise Bartlett, coordinatrice du site MediaEducation.fr, Marie-Line Gallegos, enseignante en CFA et Anne Oger, journaliste à France Bleu Orléans.

Chaque mois, de septembre 2017 à février 2018, l’EPJT organise des conférences, ouvertes au public. Pour commencer le cycle, c’est la question de l’éducation aux médias et à l’information (EMI) qui a été soulevée. Trois invitées étaient présentes pour éclairer le public aux enjeux que représente l’EMI : Marie-Line Gallegos, enseignante en CFA dont les élèves ont suivi des cours d’éducation aux médias et à l’information ; Anne Oger, journaliste à France Bleu Orléans, intervenante sur l’EMI dans des établissements scolaires avec l’association “C’est comme à la radio” ; et Louise Bartlett, coordinatrice du site MediaEducation.fr, plateforme qui fédère autour de l’EMI et de la liberté d’expression.

Les jeunes sont souvent noyés dans la masse d’informations qu’ils reçoivent tous les jours, notamment sur les réseaux sociaux. lls ne sont pas à l’abri de croiser une « fake news », une fausse information, qu’ils sont susceptibles de croire, sans la vérifier. C’est là un des enjeux de l’EMI : apprendre aux jeunes à vérifier les sources de l’information qu’ils ont entre les mains. « Il est facile de créer une « fake news ». Sur les réseaux sociaux, beaucoup de cercles renferment les débats et les confrontations. Les citoyens sont alors plus fragiles. Ce n’est pas une question de jeune public, tout le monde est fragile. », explique Anne Oger.
Les manières de s’informer diffèrent d’un individu à un autre. Tout le monde ne trouve pas l’information sur la même plateforme. Journaux, radio, télévision, réseaux sociaux… Il faut savoir chercher et trouver l’information aux bons endroits. Sensibiliser les jeunes aux bons moyens de s’informer est un enjeu primordial.
L’éducation aux médias passe aussi par le biais des professeurs, qui enseignent à leurs élèves comment s’informer. Ils posent les bases du métier de journaliste, afin de comprendre comment est créée une information, et comment elle est diffusée. Pour Marie-Line Gallegos, « les projets de l’EMI sont devenus une priorité, un outil. L’éducation aux médias permet d’éduquer à beaucoup de sujets. C’est une très bonne base pour faire des exercices pratiques. » Louise Bartlett rajoute que « l’idée principale des ateliers dans les établissements scolaires est un travail collaboratif entre les journalistes et les professeurs. Les journalistes doivent être encadrés par les profs, qui sont sur place les meilleurs interlocuteurs. » Certains enseignants sont favorables à la création d’une matière en lien avec l’EMI dans les classes. « Un élève est arrivé en balançant une énorme généralité, on a démontré avec lui que c’était faux. Je pense que c’est ce genre de petites graines qui font changer les choses », espère Louise Bartlett.

Conférence organisée et animée par François Breton, Clément Buzalka, Charles Lemercier et Théophile Pedrola, étudiants en deuxième année.