« Nous n’allons pas au-delà de nos moyens financiers »

IMG_0569-001

Saint-Cyr sur Loire, un de ces matins pluvieux. Christian et Sylvie Debauve, 56 et 59 ans, sont installés à la table de la cuisine. Lui, ancien informaticien militaire, est aujourd’hui à la retraite. La marine et l’armée de l’air ont rythmés sa vie pendant trente ans. Elle, travaille en tant qu’assistante à l’Office du Tourisme de Tours. Elle a aussi été secrétaire. Celui fait vingt-huit ans que la famille Debauve vit en Touraine. Leurs trois enfants ont quitté le domicile familial, le chat a lui  toujours sa place près de la baie-vitrée. Le couple peut aujourd’hui se consacrer à de nouvelles activités.

Christian nettoie une dernière tâche de miel sur la nappe, signe du petit déjeuner matinal. Il n’y a pas si longtemps, ce petit déjeuner, Christian et Sylvie le prenaient chez leur fils au Mozambique. Mais attention ! Partir en voyage, même pour visiter la famille, cela nécessite une bonne organisation. « Nous commençons à tout préparer un an à l’avance », explique Christian.

Les Debauve rangent leurs voyages en trois catégories : ceux liés aux enfants, les petits week-ends avec les amis et les déplacements pour les associations. « L’été, nous prenons une longue période. Et il y a des petits week-ends tout au long de l’année. Même si ce n’est pas régulier d’une année à l’autre. » Le couple ne correspond pas pour autant au cliché des retraités bien nantis qui partent constamment en week-end ou vers des destinations lointaines. Car s’il mène une vie confortable, il surveille ses comptes de près. Ses dépenses n’augmentent pas mais, explique Christian, les prélèvements (impôts…), si. Au final, le couple constate une baisse de son pouvoir d’achat et veille à ne pas se mettre dans le rouge. Les deux insistent : ils n’appartiennent pas à la catégorie des cadres supérieurs. « Notre but n’est pas de paraître. Nous n’allons pas au-delà de nos moyens financiers », précise Sylvie.

«Je vis ma retraite comme un actif »

vieux coupleSylvie et Christian considèrent toutefois bénéficier d’un réel pouvoir d’achat. Ils profitent de ce confort financier pour donner de leur personne et de leur temps à des associations tourangelles : Lions Club, Florilège vocal, Saint-Lazare hospitalier… « Avec un pouvoir d’achat plus faible, nous ne pourrions pas faire ces choix, constate Christian. Nous sommes très organisés au niveau des budgets : un sixième de nos revenus est consacrés aux voyages et aux sorties, dont un tiers aux associations. » Christian aime les chiffres, et Sylvie reconnaît volontiers qu’il est le comptable de la maison.

S’appuyant sur ses compétences en informatique, très recherchées par les associations, Christian fait ses premiers pas de bénévole en 2008. Dès la première année de sa retraite, il réalise ou met à jour les sites internet de différents groupes. Et notamment celui de Saint-Lazare hospitalier, cette association qui se charge de récupérer du matériel médical pour l’envoyer en Afrique, afin de répondre aux besoins des hôpitaux locaux. Il l’a conçu et en assure la maintenance. Idem pour le site de la chorale du Florilège Vocal. Il a de plus formé un jeune à tous les arcanes de la conception d’un site web.

Avec toutes ces activités, Christian Debauve a tout d’un actif. Son engagement associatif lui permet de repousser un peu plus la vraie retraite, celle où il aura le temps de cultiver ses salades, lire et aller au cinéma. Sylvie aussi, s’engage sur son temps libre. Elle est investie dans le Lions Club, association de service à la personne. Sans oublier le  Florilège Vocal avec son mari. « Nous aimons participer à différents projets, parfois chacun de notre côté. »

Les amis plaisantent beaucoup sur leur agenda bien garni. Difficile de les contredire quand on passe en revue leurs nombreuses activités.Christian tente de relativiser. Ses actions au sein de Saint-Lazare hospitalier ne lui prendrait qu’un tiers de son temps. Sylvie  rétorque : « Plutôt la moitié ! »

Le couple regrette fortement le manque d’implication des jeunes générations. Ce constat inquiète Sylvie : « A presque la soixantaine, nous faisons partis des petits jeunes. »

untitled-infographic2

Ils sont entrés dans le troisième âge sans vraiment s’en apercevoir. « Nous avons une retraite confortable, mais nous ne sommes pas une génération dorée. Nous avons juste eu de la chance », tranche Christian. Le couple n’a jamais connu le chômage. Leurs trois enfants ont aujourd’hui entre 30 et 33 ans. Ils ont pu les aider, même s’ils auraient aimé en faire plus. Ils se sont engagés depuis, dans l’aventure du bénévolat. Pour eux, « aider les autres n’est pas qu’une question de pouvoir d’achat ».

Hugo NOIRTAULT et Manon VAUTIER-CHOLLET

Que savez-vous des revenus des seniors

Pouvoir d’achat, bénévolat, pauvreté, loisirs… Quand on sonde le porte-monnaie des seniors, les réalités sont diverses et hétérogènes. Six questions pour tester vos connaissances et idées reçues sur le sujet.

A partir de quel âge est-on senior ?

55 ans

60 ans

65 ans

Quel est le pourcentage de seniors qui considèrent la culture comme « importante » ou « très importante » ?

40%

Entre 60 et 70%

90%

Quel est le pourcentage des plus de 65 ans parmi les bénévoles associatifs ?

36%

47%

58%

Quel est le revenu moyen d’un retraité ?

1 250 euros/mois

1 350 euros/mois

1 450 euros/mois

Quel est le montant du minimum vieillesse ?

759,50 euros/mois

800,80 euros/mois

1 100 euros/mois

Quel est le pourcentage des retraités qui gagnent moins de 900 euros par mois ?

10 %

25 %

40 %

Beaucoup d’idées reçues

Félicititations

 

La suite de notre enquête

La “silver economy” des loisirs

Pour aller plus loin

La bonne santé des résidences médicalisées