Développeurs, à la conquête des rédactions

par Par Camille Charpentier

Développeurs, à la conquête des rédactions

Développeurs, à la conquête des rédactions

Par Camille Charpentier
10 août 2017

Ils peuvent créer de toute pièce infographies interactives, cartes animées, long-formats, améliorer le back office des rédactions ou adapter les contenus en version mobile. Avec leurs lignes de code, les développeurs ont le pouvoir de mettre en forme l’information sur le Web selon des possibilités infinies. Si le dialogue avec les journalistes reste compliqué, leur présence s’impose peu à peu au cœur de la fabrique de l’information.

Les développeurs rendent attrayants des sujets complexes, comme les « liaisons dangereuses de la Russie avec les États-Unis ». Six Plus

« On va être obligés de descendre au troisième. » Le développeur des Décodeurs a livré son verdict et, cette fois-ci, il s’incline. En ce mardi de l’entre deux tours de l’élection présidentielle, la rédaction prépare un papier sur les propositions (quasi) inapplicables de Marine Le Pen. L’article a été promis au pôle web du Monde pour le début de la matinée. Il est déjà plus de 10 heures et le papier, dont les paragraphes sont censés s’ouvrir en accordéon, ne fonctionne pas sur les supports mobiles. Impossible de laisser passer cette erreur quand plus de la moitié des lecteurs naviguent depuis leur portable.

L’auteur de l’article et Maxime Ferrer, développeur au sein des Décodeurs, font une escale pour « la traditionnelle pause clope avant de descendre au troisième ». C’est à cet étage que travaillent les informaticiens du Monde. Plus d’une quarantaine de personnes au total. Elles gèrent la partie technique du journal, à la fois le site Internet et le back office sur lequel œuvrent les équipes du journal. Si leur travail profite à tous, les « gars du troisième » sont peu habitués à échanger directement avec les journalistes. « Les Décodeurs sont ceux qui font le plus appel à eux mais on essaie de les déranger le moins possible, explique Maxime Ferrer. Je suis aussi développeur mais avec une formation de journaliste, ce qu’ils n’ont pas. On travaille dans deux mondes différents et le dialogue peut être compliqué. »

Les échanges sont toujours courtois mais dans l’open space de la rédaction, il est de coutume d’entendre soupirs et protestations dès que le besoin de faire appel aux informaticiens devient inévitable. Cette fois, après une trentaine de minutes, un technicien trouve la faille : un ajustement à effectuer dans le code source du site. En fin de matinée, l’accordéon se déroule désormais sur mobile. Mission accomplie. « Ça aurait été résolu en une heure si on avait un deuxième technicien au cœur de la rédaction, nuance Maxime Ferrer. Là, on a perdu une demi-journée. »

Le travail d'équipe de Six Plus pour Libération permet de produire des longs formats de qualité autant que des articles data.

« Aller plus vite, plus loin »

S’ils étaient auparavant tous cantonnés à la gestion technique des sites des médias, les développeurs se taillent désormais une place de choix dans les rédactions de presse quotidienne nationale. Libération, Le Parisien ou Le Monde en ont tous intégré dans leurs équipes de journalistes. D’autres, comme Le Figaro ou La Croix, reposent encore sur les compétences en code de leurs journalistes web ou font appel à des agences.

Pour les médias qui souhaitent se démarquer, « un développeur en charge des innovations est devenu indispensable », affirme Yann Guégan, journaliste-développeur qui a collaboré à de nombreux titres de presse. Dans les rédactions, ils permettent de créer de nouvelles mises en forme de l’information mais aussi d’aller plus loin dans la récolte de données.

Aux Décodeurs, Maxime Ferrer (à gauche) occupe le bureau voisin à celui des responsables afin de communiquer au mieux. Photo C. C.

Aux Décodeurs, ce poste n’a été créé qu’à l’automne 2016, près de trois ans après le lancement de la rubrique. Avec la multiplication des nouveaux formats les ambitions ont grandi et l’arrivée de Maxime Ferrer a constitué une petite révolution pour la rédaction. « On l’attendait avec impatience, se souvient Alexandre Pouchard, responsable adjoint des Décodeurs. La direction a fini par céder car il fallait qu’on aille plus loin que nos concurrents. Les audiences sur nos articles étaient satisfaisantes… Le moment a paru opportun. »

Parmi ses onze journalistes, la rubrique comptait déjà des apprentis codeurs, capables de proposer de nouveaux formats pour mettre en forme des données. « Mais ce n’est pas notre métier, c’est plus du bidouillage, reconnaît Pierre Breteau, datajournaliste. Avec toutes les ressources en ligne, il suffit de se pencher pour trouver ce qu’on cherche. Un développeur va plus loin et surtout, plus vite. » Les allers-retours chez les techniciens ne se font désormais plus qu’en cas de problèmes d’adaptation des formats avec le site. « Ça nous fait gagner un temps fou, constate Alexandre Pouchard. On peut vraiment mettre la technique de notre développeur au service de l’éditorial. »

Une des publications de l'équipe du webdata du Parisien, le bilan de la journée sans voiture à Paris.

Sur ce point, le média le plus en avance est un de ceux qui affichent les ambitions les plus grandes : Le Parisien, qui a fait partie des premières rédactions françaises à associer des programmeurs à son équipe de journalistes. C’était il y a quatre ans, avec la création de la cellule webdata et innovation, dédiée à l’élaboration de nouveaux formats. Elle compte depuis ses débuts quatre développeurs. Leurs bureaux sont à côté de ceux des journalistes, ils assistent aux conférences de rédaction et proposent des sujets s’ils le souhaitent. Seuls leurs écrans d’ordinateur — où sont visibles des centaines de lignes de code — les distinguent à première vue des journalistes.

« Une vraie équipe intégrée à la rédaction était nécessaire pour travailler sur le temps court, où l’on met en forme de la donnée en réponse à une actualité, et un temps long où l’on peut créer de nouvelles interfaces », expose Stanislas de Livonnière, en charge de la cellule. Les formats élaborés sont regroupés sur « l’Atelier» du Parisien.fr. Cartes interactives, long-formats et infographies se déroulent au milieu des classiques visualisations de données.

Pédagogie et clarté

Intégrer des profils différents permet d’inventer de nouvelles formes de narration, mais aussi de provoquer une remise en question dans les rédactions. En multipliant les personnes qui ne sont pas issues d’une formation journalistique, la pédagogie et la clarté sont plus que jamais nécessaires pour qu’une information soit comprise. « Notre développeur n’a pas peur de nous dire : “je ne saisis pas ton info, qu’est-ce que tu as voulu montrer ?”. Cela nous remet les idées en place », admet Baptiste Bouthier, journaliste responsable de Six Plus, la cellule Data et nouveaux formats de Libération.

Lors de sa création il y a trois ans, un débat a d’ailleurs partagé la rédaction : fallait-il faire appel à un des développeurs déjà présents au journal pour intégrer Six Plus ou recruter une personne extérieure ? Du côté des journalistes, le choix a été unanime. « On voulait quelqu’un qui puisse travailler avec nous sur le rédactionnel même sans être journaliste, se souvient Baptiste Bouthier. Alors on a choisi quelqu’un venu de l’extérieur, qui n’avait pas été habitué à régler uniquement les problèmes techniques du site de Libé et qui aurait un regard critique sur le sens de l’information, pas seulement sur sa forme. »

Au Parisien, le choix était dès le départ de faire appel à des développeurs qui n’avaient pas de formation journalistique. « Est-ce que c’est pour ça qu’on arrive à avoir un regard différent, à trouver le format auquel n’ont pas pensé nos concurrents ? Sans doute », suppose Stanislas de Livonnière, en charge de la cellule. Aux Décodeurs, la même question s’est posée. Mais une réponse différente a été apportée. « On a beaucoup hésité, rappelle Alexandre Pouchard. Ce qui a fait pencher la balance, c’est le fait que Maxime comprendrait nos besoins puisqu’il a été journaliste. »

Des journalistes à part entière

Dans les rédactions, la cohabitation demande en effet un temps d’adaptation, parfois sans arriver à une entente. Refroidi par cet aspect, le journaliste Alexandre Léchenet a ainsi écourté son aventure à Libération, débutée en 2015 et qui a pris fin moins d’un an plus tard. Le développeur, embauché pour développer la cellule Six Plus, a vite eu l’impression de ne pas être traité comme un journaliste à part entière. « Pour beaucoup, être journaliste, c’est écrire des articles. Parfois on venait me voir avec un chiffre, on me disait “fais un truc avec ça” sans s’être posé de question sur le sens de cette information. Il y a encore beaucoup de pédagogie à faire. »

Stanislas de Livonnière, du Parisien, fait le même ce constat. « On n’oblige pas à un âne à manger. Quand un journaliste ne veut pas bosser avec nous, on ne s’embête pas. Si un sujet est imposé, ça ne marche jamais », lâche-t-il. Malgré un manque de reconnaissance de la part de certains journalistes, les développeurs ne rencontrent aucune difficulté pour obtenir leur carte de presse. Tom Courant, qui occupe aujourd’hui le poste chez Six Plus, estime qu’il est reconnu comme un journaliste car il « participe à la conception de l’information, au même titre qu’un infographiste » ou un maquettiste. Et il l’assure : s’il avait un sujet à proposer, il serait traité. « À condition qu’il soit pertinent, évidemment », ajoute-t-il dans un sourire.

Si le dialogue peut être si compliqué, c’est souvent car la programmation informatique demande un temps que les journalistes n’ont pas. Lorsqu’en début de campagne présidentielle, les Décodeurs décident de faire une galaxie des partis politique en France, c’est le datajournaliste Pierre Breteau qui s’y colle. Pour aboutir au résultat final, il met plus de quatre jours à développer l’outil à l’aide des bibliothèques de codes disponibles en ligne. Il va même jusqu’à demander de l’aide sur Twitter. « Maxime, notre développeur, aurait pu finir ça en une journée. Mais il bosse sur des projets plus importants et ne peut pas être sur tous les fronts », concède le journaliste.

 

 

La « galaxie des partis politiques », quatre jours de travail de mise en forme pour un journaliste… moins d’une journée pour un développeur. Les Décodeurs

Dans l’équipe, c’est aussi un journaliste qui a développé Grumpy Charts, le back-office interne qui permet de créer facilement les visualisations et de les centraliser. « C’est un boulot de programmeur mais à l’époque, on n’en avait pas chez les Décodeurs. Et ceux du journal ont la tête sous l’eau. Il aurait fallu faire un cahier des charges pour qu’ils comprennent nos besoins, on n’aurait jamais eu notre outil », reconnaît Jérémie Baruch qui a codé l’outil. Au total, plus de six semaines ont été consacrées au développement. Un travail qui fait gagner depuis deux ans beaucoup de temps à la rédaction, mais pour lequel il a donc fallu sacrifier un journaliste pendant plus d’un mois.

Car pour innover et créer des équipes dédiées, il faut y mettre le prix. Les développeurs coûtent cher et lorsqu’ils acceptent de travailler pour un média, « ils ne le font clairement pas pour l’argent, s’accordent-ils tous. Le salaire est bien meilleur dans tous les autres domaines ».

Entre surcharger un journaliste avec du développement et embaucher, il y a cependant une option : faire appel à des agences comme J++. Tarif : 550 euros la journée, pour des projets qui reviennent normalement entre 650 et 900 euros. « Surtout, les agences sont là pour apporter une expertise que les rédactions n’ont pas », estime Pierre Romera, développeur et co-fondateur de l’agence J++. Elles mettent notamment à disposition un chef de projet, chargé de faire le lien entre les journalistes et les programmeurs, ainsi que de faire des devis.

Dans toutes les rédactions, le chef de projet est avancé comme la solution aux problèmes rencontrés. « Mais avoir un développeur est déjà inespéré quand on voit les finances des journaux. Quand on aura des équipes dix fois plus grandes comme dans d’autres pays, on pourra avoir des ambitions plus grandes », regrette Baptiste Bouthier.

Pour faire cohabiter au mieux des cœurs de métiers si différents, Stanislas de Livonnière recourt souvent à la métaphore du jardinage : « Avec les chefs ou les journalistes, j’explique que pour cueillir une tomate, il y a auparavant un temps nécessaire pour faire pousser les plants. Ce temps, les développeurs en ont besoin et ça ne changera pas. »

Parler le même langage

Avoir des rudiments de code est aussi un moyen « d’avoir le même langage et de se comprendre », constate Maxime Ferrer. La formation des journalistes paraît néanmoins secondaire, la plupart se formant sur le tas. Baptiste Bouthier, de Six Plus, met lui en avant le rôle d’un responsable pour concilier toutes les ambitions : « J’assume le rôle de sas entre les développeurs, qui sont souvent têtus, et la direction. C’est chiant mais cela s’impose, sinon on n’arrive à rien. » Les conflits, courants lors des premiers mois de Six Plus, sont désormais plus rares. Le résultat d’un dialogue permanent, mais « cela tient aussi beaucoup à la personnalité du développeur », nuance Baptiste Bouthier.

Une des dernières créations de Six Plus, la carte interactive des festivals de l’été en France.

Si journalistes et techniciens doivent encore ajuster leurs pratiques pour être efficaces dans la conception de l’information, les développeurs reconnaissent que travailler pour un journal est un exercice exigeant mais unique. « Beaucoup diraient que c’est l’enfer à cause de la charge de travail et parce que les journalistes sont de fortes têtes, estime Stanislas de Livonnière. Mais ici, on a une idée sous la douche le matin, on la propose en conférence de rédaction, on la met en œuvre et on va au pieu le soir avec la sensation du travail utile. On n’a une telle sensation dans aucun autre domaine. »

En première ligne dans le journalisme d’investigation

Les développeurs sont un atout majeur dans la collecte d’informations. Mais la pratique demande des moyens et reste rare en France.

 

Dans les rédactions, les développeurs permettent un travail invisible, mais d’une importance capitale : récupérer des informations souvent inaccessibles et les ordonner. Cela va du « scraping » — une technique d’extraction automatique de données que les journalistes peuvent effectuer à l’aide de simples bases de code — à des opérations beaucoup plus complexes comme le hacking — qui est à la base du projet WikiLeaks. L’extraction de documents et leur transformation en bases de données, c’est avec ces bases qu’ont débuté plusieurs investigations d’importances comme SwissLeaks où l’affaire des Panama papers.

Intervient ensuite le travail de création d’une base de données. L’enjeu est de faire en sorte que les journalistes puissent chercher avec aisance parmi des masses de documents qui ne pourraient être traitées sans l’informatique. Au Décodeurs du Monde, le développeur Maxime Ferrer travaille ainsi depuis plusieurs mois sur une « interface qui rassemblera des milliers données » et qui servira à tirer des liens entre différentes affaires, « au lieu que chacun ait ses infos dans son petit carnet ». L’outil pourrait être utilisable dans un délai de six mois à deux ans. Impossible d’avancer plus vite, puisque Maxime Ferrer est le seul programmeur de l’équipe et qu’il développe l’outil lorsque l’actualité se fait calme.

« Il faut emprunter à l’univers de l’informatique la culture de l’open source et mettre en commun les bases de données »

Yann Guégan

Yann Guégan, journaliste et développeur indépendant, met également en avant le besoin de mettre en commun les données pour créer des outils innovants mais va plus loin. Pour lui, toutes les rédactions devraient se coordonner pour créer des bases de données à la manière de l’ICIJ, le Consortium international des journalistes d’investigation. Car, contrairement aux Etats-Unis où les autorités rendent publiques de nombreuses informations – on parle d’open data, de données ouvertes –, les institutions françaises s’y mettent avec timidité et envoient souvent des documents aux seules rédactions qui les demandent.

« Il faut emprunter à l’univers de l’informatique la culture de l’open source et mettre en commun les bases de données », estime Yann Guégan. S’il admet qu’un tel projet est aujourd’hui inconcevable car prime « la culture du scoop », il observe que ce travail pourrait être fait pour des sujets incontournables.

Le profil type d’un collaborateur parlementaire. Enquête Les décodeurs Le Monde – 2013

Lors de la publication de la listes des assistants parlementaires en février dernier par exemple, près de cinq journalistes ont ainsi été mobilisés aux Décodeurs, soit près de la moitié de la rédaction. Leur but : créer une base de données propre où figureraient le nom des députés, celui de leurs assistants et leur éventuel lien de famille.

Un travail identique a été mené dans la plupart des rédactions de France, avec la même façon de procéder. « Notre presse est pauvre, elle a peu moyens humains. Si on mettait en commun des simples bases comme celles-là, les journalistes pourraient se concentrer sur le fond et se distinguer dans l’angle et l’enrichissement de ces infos, assure Yann Guégan. Les développeurs sont passés par là et on les a pris pour des utopistes. Aujourd’hui, le logiciel libre est la norme. »

La marche reste à prendre en PQR
« L’évolution de la force du vent en direct », une visualisation présente dans un article de Dataspot et créée à partir de Windy, un outil gratuit qui ne demande aucune compétence en code. Dataspot

Dans les rédactions locales, les formats varient très peu sur le web. Les compétences informatiques ne profitent guère aux journalistes, à quelques exceptions près.

« Quand on insère une vidéo, c’est déjà un article enrichi. Il ne faudrait pas aller trop loin dans l’innovation. » Si le ton de ce journaliste web de Sud Ouest est sarcastique, il ne regrette pas moins la situation. « Nous avons eu des problèmes techniques lorsque nous avons a commencé à insérer des cartes de Google. Créer de nouveaux formats, nous en sommes encore loin. » Ce cas est emblématique de la situation de la presse quotidienne régionale (PQR) : faute de moyens et de temps, la plupart des rédactions se contentent d’outils gratuits.

La Nouvelle République est friande de ThingLink, qui permet de créer des images interactives, L’Yonne Républicaine insert souvent des graphiques créés avec InfoGram, Sud Ouest propose chaque semaine des cartes de Google Maps pour localiser les animations du weekend. Et pour voir apparaître de nouvelles formes de narration dans la presse locale, il faut souvent passer des formations. « En général, ce sont des outils qu’ils ne connaissent pas du tout et une formation leur permet de se rendre compte que oui, il y a des ressources faciles à prendre en main et peu chronophages. Le temps n’est pas une excuse », observe Clément Vogt, formateur à l’agence We Do Data.

Avec ces outils, le datajournalisme s’implante en PQR mais les personnes issues du monde informatique sont encore loin de prendre part à la conception éditoriale de l’information.

Deux exemples se distinguent néanmoins. A « L’Édition du soir » de Ouest-France, deux développeurs font partie intégrante de la rédaction de sept journalistes. Disponible uniquement en ligne, ce complément du site demande d’importantes compétences en développement. L’édition se déroule en effet de façon dynamique et laisse apparaître infographies animées, vidéos et quizz.

Les quizz de « L’Edition du soir » de Ouest France

Au Télégramme, le choix est aussi d’ajouter de la valeur ajoutée aux contenus en misant sur le datajournalisme et par extension, des compétences en développement informatique. « On défriche, on déchiffre, on décrypte », voilà la devise de la rubrique Dataspot, créée en mars 2015. Le journaliste Vincent Lastennet la gère seul. Il garde l’ancrage territoriale breton mais travaille à partir de données mises en forme. S’il se contentait au départ d’outils en ligne, tels HighCharts et Carto, il admet avoir ressenti le besoin de s’initier au code informatique. « Plus le temps passe, plus je m’oriente vers des langages qui permettent de faire ce que l’on veut à condition de gagner en compétence », explique-t-il sur le blog du journaliste Arnaud Wery*.

L’équipe de Dataspot et le Télégramme ont mis au point cette carte interactive présentant les candidats bretons aux législatives.

Et le mélange des compétences se fait peu à peu : Vincent Lastennet n’hésite pas à appeler à la rescousse un développeur travaillant sur le site du Télégramme ou des personnes du marketing spécialisées en données lorsqu’il n’arrive pas à traiter une datavisualisation. Mais la création de cette rubrique représente un investissement. Pour s’y consacrer, Vincent Lastennet a ainsi été détaché de la rédaction pendant un an, une durée test qui s’est avérée concluante. Un pari que beaucoup de rédactions ne peuvent se permettre.

 

(*) https://arnaudwery.wordpress.com/

Pour aller plus loin…