« La reconversion est une chance »

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Nicolas Chicoisne, 32 ans, était ouvrier viticole. Il espère décrocher un emploi à la centrale de Chinon après l’obtention de son baccalauréat professionnel.

Il a travaillé dans les vignes, dans l’hôtellerie, dans le bâtiment… À 32 ans, Nicolas Chicoisne est maintenant en alternance chez EDF à la centrale de Chinon. Il passera son baccalauréat professionnel en juin prochain. Il y a deux ans, il était encore employé dans l’un des domaines viticoles de Chinon.  Bien qu’en contrat à durée indéterminée, il a fait le choix de la reconversion professionnelle.

Trouver sa voie n’est pas chose aisée, surtout lorsque l’on a passé sa vie à la chercher. Le cadre scolaire, les conflits avec les professeurs, les notes et les commentaires catastrophiques, pour Nicolas Chicoisne « l’école a toujours été compliquée ». Il quitté le cursus scolaire à 17 ans. Ce qu’il ne regrette pas : « Il n’y avait pas d’issue. » Nicolas accumule ensuite les petits boulots : ramassage de melons, collecte de raisins. Un viticulteur lui propose de suivre un apprentissage en alternance, ce qu’il accepte. Sans grande motivation, il obtient un BEP en viticulture puis il accepte un poste comme ouvrier agricole à Bordeaux. Là-bas, il fait ses premières armes et imagine travailler dans des domaines prestigieux. Il enchaîne trois années d’études à Amboise et obtient son baccalauréat professionnel en viticulture.

De Bordeaux à Sydney en passant par Lille

Jeune et amoureux, Nicolas suit sa future femme Ericka à Lille. Là-bas, il monte des stores, est l’homme à tout faire dans un restaurant… Rien de passionnant. Porté par sa jeunesse et sa curiosité, le couple rêve de voyages lointains. En vain. « Soit, c’était Ericka qui travaillait et moi qui étais en formation, soit c’était l’inverse. Nous avons été bloqués quatre ans. » En 2008, ils partent enfin, direction l’Australie. Ils y séjournent un an pendant lequel ils multiplient les emplois, notamment dans la restauration.

De retour en France, Nicolas passe, un peu par hasard, un CAP menuiserie. Diplôme qui ne lui sera pas d’une grande utilité puisqu’il retourne à la vigne. Après deux ans, il décroche un CDI dans un domaine viticole de Chinon. Il en garde un bon souvenir : « Je me chargeais de la logistique. Je préparais des palettes, je m’occupais du conditionnement des bouteilles… » Le train train quotidien.

La naissance de sa fille Jade lui fait prendre conscience que s’épanouir professionnellement parlant est essentiel pour l’équilibre. Il y a un an et demi, Ericka, qui travaille dans la communication pour la centrale nucléaire de Chinon, apprend qu’EDF recrute : « J’en ai parlé à Nicolas. J’avais dans l’idée que ça pouvait lui plaire. » Lui pensait déjà à la reconversion. C’est le déclic. « Le soucis était de repartir sur une formation qui me plaisait », explique Nicolas.

Se lancer dans l’aventure ne lui fait pas peur. Son profil atypique lui donne une stature qui le distingue des autres candidats. Autant l’entretien avec EDF que le test de mathématiques au Greta sont positifs. Il démissionne de son emploi dans l’entreprise viticole et, quinze jours plus tard, le voilà qui intègre la filière maintenance équipement industriel (MEI) du Greta.

Le retour à l’école

Ce qui intéresse Nicolas, ce sont surtout les semaines en entreprise. Là-bas, il s’assure un travail de maintenance qui lui convient parfaitement. Il est moins enthousiaste quant à sa formation au Greta. C’est « un retour à l’école ». Mais ce retour s’avère positif car Nicolas affiche une moyenne de 16,5. Côtoyer des plus jeunes ne le dérange pas, bien au contraire. « C’est enrichissant. Avant j’étais considéré comme un gamin. Aujourd’hui je suis un vieillard », ironise-t-il. Ce qui n’empêche pas de se faire chambrer comme un môme sur la rousseur de sa chevelure.

Rémunéré, Nicolas n’a pas de difficultés financières. C’est l’emploi du temps qui est parfois compliqué. Il vit à Chinon, et quand il doit suivre les cours du Greta, les allers retours quotidiens d’une heure jusqu’au lycée Grandmont sont contraignants : « Quand nous finissons les semaines au Greta, nous sommes épuisés. » Mais sa détermination effacerait presque cette fatigue : « J’aime ce que je fais. La reconversion professionnelle à 32 ans, c’est une vraie chance. »

Cet investissement, tout le monde le perçoit. Pour Ericka, « Nicolas est motivé parce qu’il a fait le bon choix. » Ses « camarades de classes », comme il les appelle, le décrivent comme studieux, passionné et volubile. L’embauche, au terme des deux années de formation, reste son objectif premier : « Tous mes efforts n’auront pas été vains. »

Marcellin ROBINE et Mary SOHIER

Etes-vous incollable sur la reconversion professionnelle

Quel âge faut-il avoir pour se reconvertir ?

18 ans

40 ans

Il n’y pas d’âge.

Qu’est-ce qu’un bilan de compétences ?

Un test de capacités

Un diplôme

Un entretien d’embauche

Qui peut effectuer un bilan de compétences ?

Un psychologue du travail

Un formateur

Un ami

Qu’est-ce que le Greta ?

Une école pour se reconvertir

Une entreprise

Un organisme de formation continue

Quelle est la différence entre un stagiaire et un étudiant ?

Le stagiaire est payé. Ce n’est pas le cas de l’étudiant.

Le stagiaire alterne des périodes de stage et de cours. L’étudiant est uniquement à l’école.

Un étudiant prépare un diplôme. Un stagiaire accumule de l’expérience et acquiert uniquement des compétences.

Qu’est-ce-que le Daeu ?

Un organisme pour les personnes qui souhaitent se reconvertir.

Un diplôme équivalent au baccalauréat.

Une filière professionnelle qui prépare aux métiers de la maintenance.

Qu’est-ce que le CPA ?

Le compte personnel d’activité (CPA) recense le nombre d’activités professionnelles effectuées en un an.

Le compte personnel d’activité (CPA) est un compte bancaire avec des taux d’intérêts avantageux.

Le compte personnel d’activité (CPA) une des mesures phrares du projet de loi travail.

Avec le CPA, de combien d’heures de formation disposerait un personne non diplômée ?

25 heures

35 heures

40 heures

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